Stress test des banques européennes

Stress test des banques européennes

La grave crise économique qui a éclaté en 2008 a mis en évidence la vulnérabilité des banques européennes à une crise financière. En conséquence, l’Autorité bancaire européenne a encouragé la nécessité d’effectuer des tests de résistance pour analyser la solvabilité des banques dans de telles situations. Toutefois, le fait que les banques subissent des chocs importants dans l’économie et parviennent à réussir ces tests ne garantit pas pour autant qu’elles seront en mesure de maintenir leur solvabilité en cas de situation similaire dans la réalité.

De la crise financière de 2008 à nos jours, l’ABE a effectué trois tests de résistance. Le 29 juillet 2016, après la clôture des marchés boursiers L’ABE a publié les résultats des 51 banques soumises aux derniers tests de résistance, qui représentent environ 70% des actifs du système bancaire européen.

À cette occasion, contrairement aux tests précédents, il n’y a pas d’exigence de fonds propres minimum commune à toutes les banques, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de limite à partir de laquelle une banque passe ou rate le test, mais que chaque entité sera évaluée individuellement. Les résultats de ces tests montrent que, ces dernières années, le secteur bancaire européen a été considérablement renforcé.

Si on y réflechit, le fait qu’à cette occasion les banques soient évaluées individuellement et qu’il n’y ait pas de limite à la suspension du test peut signifier que l’intention de l’ABE était de rassurer les marchés et les autres acteurs économiques. Reflétant les résultats d’une nette amélioration de la situation financière, il est possible d’accroître la tranquillité d’esprit, la confiance et la positivité dans le secteur et d’atteindre les résultats attendus.

Toutefois, en analysant en détail la méthodologie utilisée pour la conduite des tests, on peut voir que dans la description des scénarios il y a une récession qui n’a pas à se conformer à la réalité et qui ignore le lien entre les différents opérateurs économiques. En outre, pour la réalisation des calculs énoncés dans la méthodologie, le prix du marché est utilisé et non la valeur attribuée aux actifs en comptabilité de sorte que ces calculs ne reflètent pas fidèlement la réalité.

Bien que l’objectif des tests de résistance soit d’évaluer le manque de capital des banques, les résultats ne montrent pas de chiffres précis sur le montant du capital dont chaque entité a besoin pour assurer sa solvabilité. Il n’établit qu’un ensemble de fonds propres et analyse son évolution face à la situation de stress définie au cours des trois années de l’exercice.

Un autre fait à considérer est l’hypothèse de l’équilibre statique. On y attribue une valeur constante des actifs financiers tout au long de la période de récession alors qu’elle diffère de la réalité d’une crise financière majeure dans laquelle il y a une diminution significative de la valeur de ces actifs.

Les dernières données ne tiennent pas compte non plus des conséquences du Brexit et, en particulier, certains cas sous-estiment les terribles conséquences qu’une réaction aurait pu engendrer dans la chaîne où une contrepartie n’a pas été en mesure de respecter ses engagements de paiement et ce fait étendu à l’ensemble du secteur.

Si nous examinons le problème des dettes « toxiques » (dettes des transactions financières normales qui s’avèrent alors avoir peu ou pas de valeur) nous voyons que ces types de dettes se sont multipliées en Europe ces dernières années. Les dettes « toxiques » sont comptabilisées dans le bilan d’une banque jusqu’à ce qu’elles soient réglées et qu’elles consomment peu de capitaux. Le passage à l’état des résultats reflète les pertes mais est couvert à un niveau de 60% selon une étude de la Banque d’Italie. En règle générale, les banques s’attendent à récupérer environ 40% de la valeur de la dette au moment du règlement, mais le prix du marché est généralement plus proche de 20% de la dette brute au bilan. Dans les tests, seule la valeur estimée par les banques au sujet de ce type de dette est prise en compte et non la valeur réelle sur le marché.

Pierre
Pierre La science c'est la vie. Autant vous dire qu'avec Pierre on ne rigole pas tous les jours mais au moins on apprend des trucs !